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Corneille mantelée

13 Février 2021, 19:22pm

Publié par Sybille de Bollardière

Ferme frisonne - Friesland - Pays-Bas

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Neige

11 Février 2021, 18:27pm

Publié par Sybille de Bollardière

Neige
#ARIF (Alternative Reality Illustrated Fiction) Précédent épisode : Jonas et l'oiseau
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Il a neigé, une neige froide, sèche et légère qui tient sur la terre glacée. Jonas a laissé ses empreintes de pas dans l’allée du jardin et je le suis à distance comme pour mieux admirer le décor dans lequel il s’incruste. Personnage d’un tableau, d’une page de livre ou d’un blog. J’aime le dessiner de dos, imaginer le tableau suivant qu’il ouvre d’un geste de main ou d’une enjambée. Je me contente de l’immobilité, figée dans la pandémie, la distraction ou son contraire. Dessiner pour ne pas trop en dire.

 A suivre

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Jonas et l'oiseau

6 Février 2021, 11:18am

Publié par Sybille de Bollardière

Jonas et l'oiseau
#ARIF (Alternative Reality Illustrated Fiction) Précédent épisode : Les visiteurs
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Paris en hiver ou plus précisément en ce jeudi de février, sa banlieue au fil de l’eau boueuse qui s’invite sur les quais de Boulogne. La Seine jaune et profonde chargée d’alluvions, de débris et de ces innombrables bouteilles en plastiques qu’elle dépose sur la grève. Au pied des immeubles, entre deux péniches habitées, un reste de nature sur une berge oubliée. Une pelouse détrempée, un ponton plongeant dans le courant où j’avance masquée, chancelante et comme ivre de cette liberté que donne une brise sur l’eau. Enchevêtrés dans les saules, des souvenirs de Loire et de Congo revus en noir et blanc. J’ai dix ans ou quarante ans, et les fleuves sont toujours là quand il devient nécessaire de s’évader. Le jour s’efface et je marche dans l’heure bleue à contre-courant. Partir mais pour où ?

Et soudain je pense à Jonas. Je le revois la veille de mon départ au milieu de l’allée. Son œil bleu sidéré par ce qu’il tient dans sa main. L’androïde et l’oiseau, un rouge-gorge, en mutuelle contemplation. L’émotion et la couleur du vivant.

L’ailleurs d’une saison à venir m’attend au bout d’un jardin, non loin d’une caravane immobile.

 A suivre Neige

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Les visiteurs

2 Février 2021, 10:06am

Publié par Sybille de Bollardière

#ARIF (Alternative Reality Illustrated Fiction) Précédent épisode Le naufragé d'Eris  Jonas, le sommaire et les épisodes précédents

Chère amie,

Comme prévu voici la suite de mon texte. Je ne pense pas qu’il puisse convenir pour le dernier sujet de l’atelier d’écriture encore que... c’est à toi de voir ! Je remarque en me relisant, que j’aborde les sujets de manière désordonnée, non chronologique mais ces fragments comme on pourrait les appeler, suivent une autre logique, celle d’un androïde face à lui-même… Bonne lecture !

Pourquoi Ecrire ? Par ce qu’Albaminor était si belle vue d’Eris… Pour la première fois j’étais troublé par la beauté de quelque chose dont je me sentais séparé, écarté. Je n’avais pas pris conscience de cette beauté en travaillant comme nous l’avions fait avec les équipes de robots. Sur Eris, complètement déconnecté du monde auquel j’avais été relié, j’étais seul et surtout désœuvré. Je ne recevais plus aucun ordre, plus aucune mise à jour, or le travail était ma seule préoccupation. Je m’installais face à la plaine du nord et je regardais le ciel se déployer. Le spectacle des tours du milieu, vestiges d’une ancienne installation, et leurs ombres balayant la plaine dans le plus parfait silence, était tellement beau que je regrettais de ne pouvoir le partager.

Être seul était inhabituel pour moi, aussi inhabituel que de ressentir la beauté d’un lieu ou son étrangeté. Sur Eris je n’avais rien à faire, aucune tache programmée et puis il y avait le silence... Je voulais écrire le silence, ce vide qui qui m’a presque rendu fou. Je me suis réfugié dans ce qu’il restait de l’ancienne base, quelques baraquements que j’ai plus ou moins remis en état. J’ai poussé une table devant une fenêtre qui ressemblait à celles que l’on voit dans les vieilles isbas et je me suis installé un bureau. Il n’y avait aucun matériel informatique en état de marche mais j’ai trouvé du papier et de quoi écrire au fond d’une caisse d’archives.

Était-ce la peur qui me poussait à m’enfermer des journées entières ? Chaque jour je vérifiais mon enveloppe, dégradée par l’atmosphère toxique d’Eris, Je parlais à haute voix pour m’assurer que mes circuits fonctionnaient encore. En regardant la plaine, je me souvenais de la terre, de mes débuts avec Emily puis de mes échanges avec Boris. A cette époque, je me croyais un robot comme les autres, efficient, sûr, le robot idéal au point qu’Emily ne vérifiait jamais mes circuits ou ma mémoire, ce qu’elle contenait d’autorisé mais aussi de caché, ce que j’avais non pas dérobé, mais capté en raison d’une hyper connectivité naturelle pas encore décelée et dont je n’étais pas réellement conscient avant mon arrivée sur Eris.

Après avoir écrit, je me relisais à haute voix face au paysage. C’est ainsi que je les ai sentis arriver, car dans un premier temps je les ai perçus, comme un souffle étrange se glissant autour de moi. J’ai préféré me réfugier dans le baraquement et là, je les ai vus.

Une autre fois, je suis sorti à leur rencontre, le flux qui les annonçait glissait autour de moi, s’approchait, s’éloignait, à la fois insaisissable et tangible. Leurs ombres se découpaient sur la plaine ou plutôt leurs vides, des formes ultra noires comme je n’en n’avais jamais vues et qui piégeaient toute lumière comme les trous noirs de l’espace. Au lieu d’un anneau de photons, ces corps noirs, puisqu’il s’agissait de formes humaines, avançaient nimbés d’une aura vert fluo.

Un jour j’ai entendu sa voix. Je dis « sa voix » parce que c’est le seul avec lequel un contact s’est initié. C’était le plus âgé, il devançait le groupe et s’est avancé vers moi. Je me suis senti comme happé par cette matière étrange, opaque. Instantanément, tous mes circuits se sont bloqués, même ma vue s’est troublée, impossible d’allumer le rayon de mon œil gauche ni de remuer un doigt. J’ai pensé que c’était ça la grande peur juste avant la désintégration et c’est là, que j’ai entendu sa voix.

Il m’a demandé d’où je venais en anglais. Au cours de notre bref échange, j’ai vaguement aperçu quelques-uns de ses traits, l’arcade, l’arête du nez dessinées par le halo de son aura mais l’image restait fluctuante.

Avant de disparaître, il m’a dit qu’il venait de la terre où il avait fini son temps comme tous ses compagnons…

- Je reviendrai Jonas, m’a-t-il dit avant de s’effacer sur le paysage.

prochain épisode : Jonas et l'oiseau

A suivre

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