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Genèse d'un roman

12 Novembre 2012, 15:55pm

Publié par Sybille de Bollardiere

L'alphabet de l'amour 1780

Document manuscrit 1750

"L’amour est une scène de crime comme une autre, il ne faut négliger aucune pièce, relever tous les indices et le moindre détail de la chambre au jardin, passer au peigne fin le salon, la voiture, la cuisine et cette table desservie où tout a réellement commencé. Parfois il faudrait remonter plus loin encore, dans les mois ou l’année qui précèdent et jusqu’à l’enfance où l’on apprend à aimer comme à souffrir en contemplant les yeux hagards, la figure nue du désir et de l’interdit"...

 Toutes nos actions pèsent sur nos épaules, nos mots, nos regards et ce que nous écrivons. Ecrire, c’est vivre en plus grave, en plus sérieux et j’aimerais remédier à ça. Donner du bonheur et de la légèreté à l’écriture, de la folie aussi, du désastre, de la couleur, de la distance, en un mot voyager, se déporter hors de soi.  Auparavant, il faut se défaire du JE, « passer la plume » parce que de toute façon, si écrire c’est revivre sa vie, c’est la revivre différemment. Quand ce que l’on voulait oublier revient, c’est à la fois salvateur et violent, tout comme l’envers du décor que l’on n’a pas vu et, ce qui s’est déroulé à notre insu. Ce mensonge par omission qui participe à notre histoire on finit un jour par l'offrir sur un plateau à un narrateur ou une narratrice pour qu’il explore et dissèque jusqu’à l’os cette momie du temps écoulé et transforme le récit en roman.

JE est ailleurs et ma narratrice s'appellera Irène...


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L’automne, les « maîtres du monde » et les jours d’après

9 Novembre 2012, 18:13pm

Publié par Sybille de Bollardiere

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Dessin : La Défense... Pierre-Elie Ferran, novembre 2005

« L’ivresse et la littérature ont toujours été le refuge des invalides » peut-on lire dans le dernier Nouvel Obs… La nature aussi parfois, surtout celle des campagnes reculées où l’on peut observer la vie, la sienne, celle des autres, le monde et son évolution de loin comme un paysage où la variation des saisons offre de nouvelles perspectives qui aiguisent le regard :  Il n’y avait pas ça là, avant… Ce détail, cette ombre… Et puis cette eau qui monte plus haut chaque année…  Le refuge, en altitude, alcoolique ou bucolique, que l’on écrive ou pas, c’est aussi l’endroit où l’on ouvre des livres déjà lus pour y faire jaillir des mondes nouveaux, des métaphores pour éclairer la nuit de novembre. Il faut du temps pour cela, du temps pour épier la vibration du silence, son froissement  seulement interrompu par celui de la page tournée.

Novembre c’est le temps retourné, labouré, qui prend l’air sous les vols de corbeaux, c’est aussi le cœur de l’automne, ce luxe de zone tempérée dont il faut savourer chaque instant. C’est une saison en demi-teinte, une douceur tout en couleur sur les lisières qui s’offrent aux derniers soleils. Le matin souvent, la buée s’installe au carreau et filtre le paysage qui se noie dans la brume. On en a fini avec cette interminable rentrée, ses prétentions et ses désastres. New-York panse ses plaies dans le blizzard et fait mine d’oublier que ça recommencera… Soulagement, Barack Obama a été réélu. Moi aussi j’aurais aimé l’embrasser comme si le calme et l’espoir était revenu, même en France, à Paris où l’Elysée est moins que jamais un paradis. « Au risque de décevoir » deviendra peut-être sa devise, mais IL prendra son temps, ce qui est rassurant finalement.

Réinventer la croissance ne l’est pas vraiment, quant à la souveraineté nationale, à moins d’un raz de marée sur Bruxelles et d’un tremblement de terre à Berlin, on ne voit pas bien comment on la retrouverait. Qu’importe à la Chine qui aborde novembre avec de grands projets. Après avoir customisé le communisme façon capitaliste à l’abri du protectionnisme, elle se lance dans l’édification de la cité financière du futur, une ville aussi démente que funeste, aux antipodes des campagnes chinoises où la terre jaune et les villages sont aussi pauvres qu’avant. Le monde choisit ses grands hommes comme si la misère était moins scandaleuse quand le PIB d’un peuple grimpe...

La croissance toujours et bientôt la Chine même avec Xi Jinping, cessera elle aussi, d’être souveraine. Dans les campagnes l’hiver arrivera plus tôt, plus froid, l’été aussi, plus extrême, plus sec et puis on parlera du climat, de ses conséquences comme si on avait oublié que depuis des millénaires, c’est lui le seul maître du monde… 

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Jours d'automne dans le Perche

6 Novembre 2012, 20:21pm

Publié par Sybille de Bollardiere

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Le matin il fait encore frais, il a plu toute la nuit et les sources jaillissent  au pied des lisières, alors on marche dans leurs secrets sur des prairies gorgées d’eau avec pour seul témoin le vol d’un busard sous le soleil blanc de novembre. Plus tard on longe d’autres rives, des bras de rivières qui courent dans les champs, des haies en désordre où les restes d'été nous offrent quelques mures dans la lumière oblique de l’après-midi.

Tout est plus lent, plus ramassé, l’envie de dire aussi, comme si le temps qui s’avance, cette ombre qui gagne, c’était enfin le silence-gardien. 

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ElleSonparis, vingt chansons pour Paris

27 Octobre 2012, 17:39pm

Publié par Sybille de Bollardiere

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Vingt chansons  pour rêver de Paris, y revenir au fil des saisons et des images de ce beau livre. Vingt chansons pour une balade d’exception :  quai de Valmy, l’Opéra, La grande roue, Bonne nouvelle, Italie ou Montparnasse en passant par Bastille,  Saint Germain des prés ou la rue Charlot... Natacha Régnier, Marie-Amélie Seigner, Vahina Giocante, Hanna Schygulla, Agnès Jaoui, Charlotte Rampling, Juliette Gréco et Anna Mouglalis, Adrienne Pauly,Elisa Tovati, Irène Jacob, Zaza Fournier, Elsa Zylberstein,Elisa Sednaoui, Laura Smet, Jane Birkin, Dominique Blanc,Maria de Medeiros, Romane Bohringer et  Zoé Félix chantent les 20 arrondissements de Paris sur des paroles écrites par Nicolas Boualami et mises en musique par David Linx, Alex Beaupain, La Grande Sophie, ou Alain Chamfort. Les illustrations sont de Pierre-Elie Ferran.

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ElleSonParis

Livre coffret avec 2 CD

Préface Yves Simon

Textes des chansons Nicolas Boulami

Illustrations Pierre-Elie Ferran

Editions de La Martinière

32 €

 

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