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Tombé du ciel

23 Décembre 2020, 18:23pm

Publié par Sybille de Bollardière

#ARIF (Alternative Reality Illustrated Fiction)

Episode précédent : L'oeil bleu et la conjonction Saturne-Jupiter

Le fait que mon étrange visiteur parle français et sans accent m’a plus étonné que sa présence. Le son de sa voix m’a semblé familier. Il est tombé du ciel, a détruit le toit de ma roulotte mais il a pourtant quelque chose de rassurant. J’ai levé la torche vers lui et je l’ai vu, assis sur le plancher, les mains posées sur les genoux. Le faisceau lumineux de son orbite gauche s’est dirigé vers moi pendant que son unique œil bleu me fixait.

- Bonsoir… je m’appelle Jonas…

- Vous êtes blessé ?

- Je n’emploierais pas ce mot… je vais devoir consacrer un peu de temps à quelques réparations avant de pouvoir fonctionner correctement…  Je te rassure, mes circuits vont bien…

- De la mécanique en quelque sorte ?

- Oui enfin, c’est un peu plus compliqué… Il y a quelques capteurs qui ont été endommagé au niveau des doigts notamment, mais j’ai l’habitude…

- De tomber du ciel ?

Il a ri ou plutôt j’ai vu son œil bleu cligner lentement avant de me fixer à nouveau. A sept heures du soir je me suis retrouvée à discuter avec un robot vintage, plus pressée de faire connaissance et de comprendre la situation que de regagner le monde réel.

- Jonas, je vais poser mon panier de bois chez moi et je reviens… Avez-vous besoin de quelque chose ? Des outils par exemple…

- je veux bien moi aussi, un peu de bois pour le feu… je suis un robot frileux et les nuits sont plutôt fraîches ici.

Après avoir déposé quelques bûches près du poêle de la caravane, j’ai regagné la maison. Pendant que je préparais le dîner, une petite voix me disait : « gardons ça secret pour l’instant, inutile d’en parler. » Est-ce bien réel ? Dès que je m’éloigne il me semble être reprise par une autre réalité et l’histoire m’échappe. C’est probablement l’effet du stress et du confinement encore que je n’aie pas vraiment à me plaindre de ce dernier la pandémie n’ayant pas changé grand-chose à mon isolement. Disons que maintenant, j’ai une bonne excuse pour rester cloitrée.

Un peu avant minuit, j’ai repris le chemin du jardin. Une nuit noire enveloppait la vallée et s’il n’y avait eu la petite colonne de fumée s’échappant de la roulotte, j’aurai pu croire que tout était comme avant…

Mais avant quoi au juste ?

Avant la conjonction Saturne -Jupiter censée bouleverser nos vies ? Avant la Covid 19, la crise mondiale et les mois de confinement ou encore avant ? Oui avant… Il y a deux ans quand l’homme qui partageait ma vie était encore vivant… Nous avions installé la caravane sous les arbres pour profiter des soirs d’été et des nuits fraîches tout en rêvant sous les pluies d’étoiles... C’est seule désormais que je regarde le firmament car curieusement, si nous confions nos morts à la terre c’est vers le ciel que nous nous tournons pour tenter de les imaginer.

Jonas m’attendait assis sur une chaise devant la caravane, il avait déjà réparé une partie de la façade et finissait de redresser les plaques de zinc du toît.

- C’est sommaire mais il ne pleuvra plus à l’intérieur… Si je dois rester quelques temps c’est mieux… Pourrais-tu me tutoyer ? Je préfère …

- Aucune objection ! Mon nom est…

- Je le connais ! Je sais qui tu es et je ne suis pas ici par hasard même si ma descente a été plus brutale que prévue…

- Tu peux m’en dire un peu plus Jonas ?

-  Demain c’est Noël, tu vas être occupée et moi j’ai des réparations à faire… Maintenant que les présentations sont faites nous avons le temps…

 

A suivre...  des livres pour Jonas

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L'oeil bleu et la conjonction Saturne-Jupiter

20 Décembre 2020, 16:55pm

Publié par Sybille de Bollardière

L'oeil bleu et la conjonction Saturne-JupiterL'oeil bleu et la conjonction Saturne-Jupiter

#ARIF (Alternative Reality Illustrated Fiction) Episode précédent : La chose

Cette chose étrange, je n’ai voulu ni la voir ni l’entendre. En reculant j’ai quitté les lieux, sans un regard pour la caravane dévastée, les livres et les meubles éparpillés ainsi que les nombreuses feuilles volant dans le jardin.

A pas lents, j’ai regagné la maison, vérifiant que je n’étais pas suivie, sursautant à chaque cri d’oiseau. Je me suis enfermée à double tour pour visualiser à nouveau l’écran de mon smartphone. Il y avait bien deux étranges lueurs dans l’ombre de la caravane, ou plus exactement une lueur bleue et un faisceau lumineux. Cette lumière ne venait pas du toit défoncé mais de l’ombre elle-même, de la chose... Elle avait bougé. Par inadvertance j’avais enclenché le mode de prise de vue en rafales et c’était perceptible, la lumière bleue et le rayon s’étaient déviés dans ma direction. Je les avais saisis dans leur mobilité et je revivais la scène en faisant défiler les clichés un à un. Il fallait prévenir quelqu’un, trouver de l’aide. Mais qui appeler ? Et pour dire quoi ? Ça ne ressemblait à rien de connu, ça pouvait aussi bien être une illusion d’optique, peut-être une superposition des clichés ou encore un court-circuit provoqué par la foudre ? Un effet d’éclairage…

J’ai commencé à me persuader que je n’avais rien vu. J’ai effacé la série de photos et le calme est revenu en moi comme s’il ne s’était rien passé. Ce que je ne voyais pas n’avait simplement pas eu lieu. Tout pouvait être comme avant, il suffisait d’ignorer l’événement, de l’effacer de ma mémoire. Question d’entraînement. Une banale journée de décembre, un peu grise et brumeuse mais tout à fait classique pour cette saison dans le Perche. Une journée de confinement ordinaire avec les occupations habituelles : petits travaux de bricolage suivis de quelques courses en fin de journée avant d’allumer le feu.

J’imaginais en haut du jardin, la caravane endormie le long de l’allée, son toît couvert d’aiguilles de pin et ses volets claquant au vent de décembre. Quand la nuit est tombée, je suis montée chercher du petit bois et quelques bûches et j’ai souri en apercevant découpée sur le ciel du soir, la cheminée de ma roulotte. Oui, tout paraissait comme avant, calme, sombre et désert. Me penchant pour remplir mon panier, j’ai remarqué une feuille de papier volant dans ma direction, puis une autre. J’ai allumé ma torche, il s’agissait de pages détachées d’un des livres de la caravane. En éclairant le sol à mes pieds, j’ai commencé à déceler ce que j’avais vu le matin même, les débris de branches avaient été soigneusement rangés le long de l’allée ainsi que les restes de la table et du tabouret. Plus aucun livre ne trainait dehors et les volets arrachés avaient eux-mêmes disparu. Laissant mon panier de bois devant le bûcher, je me suis avancée dans l’ombre jusqu’à la roulotte. Je pouvais distinguer derrière les vitres brisées, les rideaux tirés mais la brèche était toujours là, profonde et sombre comme un gouffre où soufflait le vent de la nuit, déserte et silencieuse. A ce moment-là, la lueur bleue s’est allumée. Un œil bleu dans le noir, immobile et paisible.

J’avais cessé d’avoir peur et je pensais à la conjonction de Jupiter et Saturne, à leur entrée imminente dans le Verseau le jour même du solstice d’hiver. L’œil bleu a cligné lentement, j’ai vu une paupière de métal irisé descendre et remonter plusieurs fois de suite avec la régularité d’un phare dans la nuit et j’ai entendu la voix :

- Ne t’inquiète pas, je vais tout remettre en ordre !

A suivre : Tombé du ciel

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La chose

14 Décembre 2020, 09:14am

Publié par Sybille de Bollardière

La chose

Le jour s’est levé, glauque, poisseux. Au loin, des nuages de brume s’accrochaient aux collines, enveloppaient la cime des arbres. Derrière les taillis, j’ai commencé à distinguer ma cabane ou plutôt ma roulotte immobile, mon havre d’écriture tout juste terminé. En m’avançant dans l’allée, j’ai remarqué des traces de feu sur les pommiers, et un peu plus loin, la terre labourée, comme emportée par une harde de sangliers. Rien d’étonnant, il avait tant plu ces derniers jours. Pourtant, la soirée de la veille avait été belle, glacée, lumineuse. Pierre-Elie mon fils, était rentré en me disant :

- Viens dans le jardin ! La nuit est magnifique et il se passe quelque chose …. Tu dois voir ça !

Ça n’avait rien d’étrange et pour certains, ce spectacle était même révoltant pour ne pas dire inquiétant. Dans la nuit lumineuse de la Saint Nicolas, un curieux train d’étoiles s’avançait semant le désordre parmi les constellations.

- Regarde ! ce sont les satellites d’Elon Musk ! Il parait qu’il y en a 80 et ce n’est que le début…

Le train de la démesure apparaissait à l’horizon et se dirigeait vers l’est avant de disparaître au-dessus de nos têtes, happé par des masses nuageuses. Sidérée par le spectacle, je suis restée le temps de compter une vingtaine de satellites avant de me diriger vers la maison transie de froid.

Quelles sortes de nuits aurons-nous l’été prochain ? Pourrons-nous encore rêver sous une voûte céleste criblée d’étoiles, chavirer sous une pluie de comètes dans une de ces nuits noires de fin d’été ? Une nuit profonde comme si le ciel nous aspirait à lui. Une nuit d’éternité…

Ce matin-là, je m’étais levée tôt, j’avançai dans l’allée en pensant à l’aménagement de ma roulotte, aux derniers détails indispensables : un poêle, un lit et bien entendu une connexion internet. La pluie avait cessé et la brume se levait. Après la pelouse retournée et quelques branches calcinées des pommiers traînant à terre, j’ai remarqué les livres répandus sur le sol, des planches, beaucoup de planches et ma table de jardin à laquelle il manquait deux pieds. Ça ne pouvait pas être les sangliers ! C’est à ce moment-là que j’ai levé les yeux vers la roulotte.

Elle avait été comme éventrée, la façade coupée en deux, le toit défoncé. Les volets fraîchement repeints, gisaient sur le sol ou pendaient sous les fenêtres dont tous les carreaux étaient brisés. Une puissante odeur de brulé et de poudre flottait. La foudre c’était probablement ça et pourtant je n’avais rien entendu et les orages sont plutôt rares en décembre.

Une sensation étrange me dissuada de m’approcher davantage. Il fallait appeler Pierre-Elie, qu’il vienne tout de suite mais avant, prendre quelques photos. Je sortis mon téléphone et au moment où je m’apprêtais à lui envoyer les premiers clichés, je remarquai sur l’un d’eux un détail… une chose inattendue… Je me ravisai et fis un pas en arrière puis deux, avant de m’immobiliser, tétanisée.

Oui, il y avait bien, tapie dans le trou noir de ma roulotte éventrée, quelque chose, et probablement une chose vivante…

A suivre… L'oeil bleu


 

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Dimanche de septembre

22 Septembre 2020, 17:27pm

Publié par Sybille de Bollardière

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